Le Bataclan à la merci de Fishbach

Fin octobre, la chanteuse Fishbach et ses musiciens étaient en concert au Bataclan. Une soirée marquée par l’émotion. 

Un an après s’être illustrée comme la révélation des Transmusicales de Rennes, la chanteuse Fishbach foulait la scène du Bataclan. De quoi clôturer une année 2017 qui aura été celle de tous les succès pour cette jeune artiste de Charleville-Mézières.  Après la sortie d’un EP en 2015, elle a conquis le public avec son album A Ta Merci en janvier 2017. Depuis, tout s’est enchaîné très vite, des concerts et des festivals partout en France, et le succès au rendez-vous. En mars, c’était le public de la Cigale qui avait plébiscité Fishbach et ses trois musiciens. Ce 28 octobre, ils faisaient salle comble au Bataclan. Pour l’occasion, Fishbach était venue avec une surprise pour son public : un quatuor à corde classique accompagnait ses trois musiciens habituels.

« Jamais rien vu d’aussi mortel que ces tirs au hasard »

Le concert revêtait une symbolique particulière dans ce lieu emblématique des attentats terroristes de 2015 qui ont coûté la vie à 130 personnes.  Quelques jours avant la tuerie du 13 novembre, l’artiste sortait le titre Mortel.  Triste hasard prémonitoire des paroles : « Jamais rien vu d’aussi mortel que ces tirs aux hasards… Je viendrai demain aux nouvelles à la lueur du phare… Parachutiste, de toi, serai-je la cible ? Vise-moi encore, de cribler mon corps tu risques ».

Un personnage habité sur scène

Des textes parfois très sombres que la chanteuse incarne à l’aide d’une véritable présence sur scène. Comme possédée,  elle use des mimiques expressionnistes comme si elle était habité par quelqu’un d’autre. Son timbre puissant et rauque, toujours juste, s’accompagne de mouvements saccadés, comme lorsqu’elle interprète  la chanson On me dit tu ou elle incarne.. la mort en personne.

Parce que c’est aussi ça Fishbach. Une chanteuse de 26 ans qui aborde des thèmes universels, la mort, l’amour ou encore le suicide. Des sujets lourds mais portés par un onirisme qui transporte dans un ailleurs, évoqué dans le titre Un beau langage.

« Merci beaucoup, vous êtes.. un autre que moi »

A la fin du live riche en émotion,  l’artiste a repris son tube Un autre que moi à l’unisson avec la foule en liesse et les poings levés : « Qu’ils nous retrouvent, on se rendra pas. Et qu’ils approuvent, j’ai jamais dit ça. Je découvre un autre que moi, on se retrouve dans un attentat. »

Chaleureusement et longuement applaudie, après son départ de la scène, Fishbach ce soir là au Bataclan aura prouvé qu’elle était bien « la Meilleure de la fête ». 

 

Alexandre Desgué 

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