Le centre Pompidou électrisé par Harmony Korine

De « Kids » à « Spring Breakers », l’adolescence et la culture underground sont à l’honneur du Festival d’Automne à Paris. 

En 1995, Larry Clark, réalisateur et photographe américain présente son premier film Kids. Le quotidien d’adolescents très « sex, drugs & rock’n’roll » dans un New York où le sida décime la jeunesse, est décrit sans tabous.  L’auteur du scénario ?  Harmony Korine, un jeune californien de 18 ans. Les amateurs de culture underground et de teen movies font vite  faire de ce premier opus, un film culte.  Deux ans plus tard,  le jeune artiste récidive cette fois ci comme réalisateur avec Gummo, brillant film provocateur sur deux adolescents en marge de la société.

A partir du 6 octobre et pendant un mois, le Centre Pompidou dans le cadre du Festival d’Automne, met à l’honneur Harmony Korine à travers toutes les facettes de sa créativité, dominée par les thèmes de la jeunesse et de la marginalité. Films, clips musicaux pour les Black Keys ou Rihanna, publicités pour des marques de luxe comme Dior ou Gucci, courts métrages mais aussi peintures et installations,  le californien s’intéresse à toutes les formes narratives et visuelles, avec un style « trash » assumé.

Pop culture et adolescence

Mais, c’est dans sa production cinématographique que son talent à mélanger culture pop et contreculture prend toute sa dimension.  Critique à l’égard de la société américaine, celui qui est devenu le chef de file du cinéma underground, fait appel aux codes de la culture grand public pour mieux en dénoncer les travers mais aussi et surtout par soucis esthétique.

Cette rencontre entre ses deux mondes  crée des images hybrides sublimes et sulfureuses. Selena Gomez et Vanessa Hudgens, anciennes enfant-actrices de Disney, deviennent sous son regard les personnages principaux d’un des films les plus provocateurs des années 2010 Spring Breakers. Les deux comédiennes offrent une scène magnifique dans laquelle elles dansent, cagoulées et armées, sur une reprise de Britney Spears chantée par l’acteur James Franco. La séquence met en lumière tous leurs troubles adolescents, partagées entre  désir de prolonger leur enfance rangée et lisse, et celui de s’en émanciper.

Carte blanche

Dans le cadre de la rétrospective au Centre Pompidou, il a été demandé à Harmony Korine de réaliser un  court-métrage inédit. Une fois de plus, le réalisateur fait appel à son esthétisme troublant et fascinant, mettant en scène un jeune couple perdu dans les limbes d’une mystérieuse ville sur fond de lumières rouges et de bruits de tambours. Une façon toute personnelle de répondre à la question « Où en êtes vous Harmony Korine ? »

Exposition et rétrospective Harmony Korine, du vendredi 6 au 12 octobre 2017, centre Georges Pompidou. Rencontre avec le réalisateur  le 8 octobre, animée par Emmanuel Burdeau, critique de cinéma et de séries.

Annabelle Chauvet 

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